Jeudi, 24 Mars 2022 07:45
Belmadi a mis au point sa stratégie de bataille
Les Verts, faire mieux que résister à Japoma
L'Algérie jouera gros demain sur la pelouse du stade Japoma. Elle tentera de prendre, en attendant la manche retour prévue à Tchaker, une sérieuse option pour la qualification à la phase finale du Mondial. Le staff technique de l'équipe nationale a mis au point sa stratégie de bataille pour faire plus que résister aux assauts des Camerounais et à la pression qui va entourer la rencontre.
Belmadi avait bien précisé que la liste répond à des considérations techniques et psychologiques et que les joueurs qui la composent sont au mieux de leur forme. Il sait que le match ne se déroulera pas uniquement sur la pelouse et que des considérations extra-sportives pourraient l'entourer. C'est pourquoi il a affirmé que la mission de son commando ira au-delà du simple aspect technico-tactique.
Pour cette rencontre, il pourrait opter pour un 4-5- 1 tout comme un 3-5-2, ou encore un 4-4-2 qui lui assureront une présence renforcée dans la zone des hostilités (défense et milieu). Il pourrait également jouer en 4-1-4-1, avec l'option de placer une sentinelle devant la charnière centrale. Cela explique en partie le retour de Guedioura qui a assuré, à plusieurs reprises, cette mission, confiée ces derniers temps à Zerrouki.
En s'offrant une assurance derrière, il pourrait jouer le contre ou encore harceler la défense adverse pour ralentir la progression du ballon et se donner la possibilité d'opérer par des contres. Le choix de Slimani et même Benyettou qui ont l'habitude de jouer entre les deux arrières centraux et de presser dans la zone adverse répond à cette attente. Feghouli a montré lui aussi de grandes qualités dans le pressing haut, tout comme Bennacer. Les Verts ne doivent pas laisser l'initiative du jeu à leur adversaire. Ils doivent répondre du tac au tac, car lors de la dernière Coupe d'Afrique, les observateurs avaient constaté que le Cameroun est loin d'être une machine et qu'il dispose d'une défense lourde, surtout dans son replacement. Ce sont ces tares qu'il s'agira d'exploiter pour faire plier le Cameroun sur son terrain.
Le pressing haut et le jeu en tiroir des latéraux
Pour cette rencontre, le staff technique comptera, sur le plan défensif, sur le pressing haut des attaquants et des hommes du milieu. Ce sera un flottement devant les attaquants pour presser l'arrière-garde adverse et un marquage strict dans la zone du milieu pour contraindre les Camerounais à multiplier le jeu indirect dans leur périmètre et ainsi réduire les menaces de contres rapides. C'est pourquoi les attaquants seront appelés, sur le plan défensif, à multiplier les courses pour harceler l’adversaire et multiplier les appels et contre-appels pour le démarquage en situation d'attaque. Avec l'humidité et la chaleur, les organismes seront soumis à une grande débauche d'énergie. Cette configuration de jeu devra également être appuyée par le travail en tiroir des latéraux pour apporter le surnombre en situation d'attaque, les dédoublements et les possibilités de contres. Conscient que la mission sera donc de soumettre l'adversaire à un gros pressing et des contres rapides pour se créer des occasions, Belmadi semble avoir favorisé l'aspect physique dans sa liste. Des joueurs, attaquants, comme Slimani, Belfodhil ou encore Feghouli ont l'habitude d'être de véritables poisons pour les défenses adverses et c'est cette qualité que veut exploiter le staff technique.
L'arbitrage, la grande énigme
L'Algérie a récusé l'arbitre Joshua Bondo, désigné pour officier le match de demain. Ce dernier, on se rappelle, avait privé Mahrez d'un penalty valable, face au Burkina Faso, lors du match aller des poules, disputé à Marrakech, et avait été l'auteur de plusieurs décisions qui avaient irrité les Verts au cours de cette rencontre. La FAF avait adressé un lourd rapport à la CAF, mais cette dernière a persisté dans la désignation de ce referee. Les camarades de Belaïli doivent tenir compte de cette donne et ne pas se laisser emporter en cas d'erreurs d'arbitrage. Certes, il y aura l'assistance de la VAR pour ce match, mais il faut être sur ses gardes, car il suffirait d'une petite provocation pour voir l'arbitre mettre son grain de sel. Bounedjah qui était connu pour passer beaucoup de temps à palabrer avec l'arbitre et rouspéter pour n'importe quelle décision est absent pour cette fois, mais cela n'empêchera pas les autres joueurs de se montrer zen pour éviter toute mauvaise surprise.
Tout comme l'enfer de Surelere
L'équipe nationale qui a retrouvé sa sérénité depuis le fiasco de la dernière Coupe d'Afrique des nations s'apprête à disputer demain le droit de figurer parmi les animateurs de la prochaine Coupe du monde. Belmadi semble serein, lui qui a affirmé qu'il a retenu les leçons du dernier revers et que ses joueurs se sont remis debout pour faire repartir la machine et retrouver le goût de la victoire sur le terrain de Japoma qui leur a fait vivre un véritable martyre. Il faut rappeler dans ce cadre que ce terrain replonge les Algériens dans le souvenir d'un match qu'ils avaient disputé et perdu le 22 mars 1980, dans l'enfer du stade nigérian de Surelere. La finale de la Coupe d'Afrique jouée sur ce terrain avait été perdue sur le score sans appel de 3 buts à 0. A cette époque, on avait tellement disserté sur ce terrain et cette finale perdue, au point de croire que la malédiction allait poursuivre, jusqu'à l'éternité, l'équipe algérienne. Mais quelques mois plus tard, en octobre 1981, l'Algérie est revenue dans ce stade pour battre son bourreau, le Nigeria, sur le score de 2 buts à 0 et prendre une sérieuse option pour la qualification au Mondial espagnol, une qualification qu'elle scellera quelques jours plus tard à Constantine (2-1). Le stade Japoma représenterait pour les Verts, nouvelle génération, le chaudron de Surelere et, aujourd'hui, ils peuvent chasser les vieux démons et réaliser l'exploit de gagner et prendre, tout comme leurs aînés, une option pour la qualification au Mondial du Qatar. Ils ont les moyens de réaliser cet exploit, il leur suffira seulement d'avoir le potentiel psychologique pour résister à la pression, quant au reste, le talent ils en ont à en revendre.
N. B.







