Vendredi, 21 Janvier 2022 23:12
Belmadi n’a pas failli, les joueurs aussi...
Place au Mondial 2022 !
Faut-il verser dans l'irrationnel pour justifier l'échec de l'équipe nationale ? Forcément non, mais avouons quand même que certaines situations, vécues durant cette CAN, ne peuvent être expliquées d'une façon rationnelle.
Les Verts ont construit des actions de but, se sont créé des occasions qu'ils n'ont pas pu concrétiser par manque de chance, de concentration, d'excès de précipitation ou autres. Mahrez, classé parmi les meilleurs tireurs de penalties en Europe qui envoie son ballon sur le poteau est une autre opportunité vendangée d'une façon bizarre. Mais ce qu'il faut reconnaître, c’est que les Verts n'ont pas pris leurs sorties lors de cette édition de la CAN par le bon bout. Ils se sont présentés dans la peau du tenant et donc de l'équipe à battre. Tous leurs adversaires ont joué le match de leur vie à l'occasion. Ils ont joué avec leurs tripes face à un champion d'Afrique en titre avec comme leitmotiv, la victoire et rien d'autre. Les protégés de Belmadi n'ont pas à rougir de cet échec car ils se sont battus avec leurs armes. Ils n'ont pas baissé pavillon. Ils ont tout fait pour réussir mais ça n'a pas marché, il y a des jours où tout part en vrille et où tout est de travers. Il est vrai qu'il faudra maintenant faire le bilan de cette expédition au Cameroun, d'en tirer les leçons, mais de grâce, ne recherchons pas des boucs émissaires pour occulter les véritables raisons de l'échec et reproduire les mêmes erreurs. Car c'est le chemin le plus court pour refuser de voir la vérité pour se plonger encore plus dans le mensonge. Belmadi n'a pas failli, les joueurs aussi. C'est probablement une philosophie de jeu qui doit être revue, mais n'oublions pas que c'est ce même staff et ces mêmes joueurs, à quelques exceptions près, qui nous ont gavés de joie. L'édition camerounaise de la CAN a été un véritable échec pour l'équipe nationale. Elle nous rappelle l'édition de 1992 et le naufrage de Ziguinchor. Nous avions, à cette époque, absorbé cet échec avant de nous relever pour tenter de nouveaux défis. Les camarades de Slimani sont aussi déçus que le peuple qui les a supportés et qui les a adulés. Il faudra les remercier pour les moments de joie intense qu'ils nous ont procurés et repartir de nouveau vers de nouvelles conquêtes.
Faire repartir la machine
Maintenant, il s'agit d'oublier la faillite vécue au Cameroun pour se remobiliser et faire repartir la machine. La participation a été mal engagée dès le départ, avec une équipe où plusieurs joueurs manquaient en raison de la Covid-19. Le premier match face à la Sierra- Leone s'est joué sur une pelouse en très mauvais état et dans des conditions climatiques très pénibles. Les Verts ont sué toutes leurs eaux devant une formation qui a refusé le jeu, qui s'est cantonnée dans son camp pour finalement jubiler en fin de match pour le point du nul arraché devant le tenant du titre. Face à la Guinée équatoriale, le groupe qui s'est échiné à vouloir marquer a, dans un moment d'inattention, encaissé un but qui a cassé son plus grand exploit, la série d'invincibilité qu'il avait réalisée à la force des jarrets. Face à la Côte d'Ivoire, et contrairement à ce que le pensent certains, la pression s'est accentuée sur le groupe. Certes, l'équipe nationale n'avait plus rien à perdre et qu'elle devait jouer libérée mais, en réalité, certains médias se sont livrés à un mauvais jeu en faisant du match une question de vie ou de mort. Il s'agit aujourd'hui de faire le bilan exhaustif de cette participation et voir où se situe le grain de sable qui a fait grincer la machine. Nous avons un barrage de Mondial à préparer et il faut créer les conditions de sérénité pour réussir le passage et être présent au Qatar cet été. Nous avons une équipe nationale qui sait jouer au football, elle a échoué, ce n'est pas la fin du monde. Il faut se relever et se mettre à l'heure du barrage car c'est le véritable défi à relever.
Il faut aller aux origines du mal
Dans une déclaration à la presse, le président de la FAF a assuré que les émissaires qu'il avait envoyés pour préparer le séjour et la participation des Verts à cette CAN, lui avaient brossé un beau tableau. Mais ce que l'équipe nationale a trouvé sur place était tout autre. Des conditions de séjour qui étaient loin d'être confortables, une domiciliation dans un terrain calamiteux. Le rapport remis à Charaf Eddine Lamara était donc mensonger et l'équipe nationale en a payé les conséquences. Il est facile de critiquer les choix des joueurs, du schéma tactique, du système de jeu, du coaching ou encore de la gestion des matches. Mais avant de passer à table pour faire le bilan, il faut aller aux origines du mal qui a été fatal à l'équipe et qui se retrouvent dans toute la préparation en amont du séjour au Cameroun. Belmadi et ses joueurs doivent être soutenus dans ces moments difficiles et on doit, dès maintenant, préparer les deux manches du match barrage de mars prochain pour passer sans encombre cet écueil et être présents au Qatar. C'est aujourd'hui le seul défi qu'on doit relever et surtout remporter. Mais en attendant, vive l'équipe nationale, vive l'Algérie. Et en sus de tout cela, il reste toujours des doutes sur les raisons de l'élimination des Verts de cette CAN qui sont, pour beaucoup de compatriotes, irrationnelles.
F. S.







