Belmadi - Bougherra : Quand l’élève «talonne» le maître
Lundi, 20 Décembre 2021 02:06

Avant que la sélection algérienne ne se rende en Egypte à l’occasion de la CAN 2019, l’entraîneur national, Djamel Belmadi, avait déclaré qu’il comptait faire le déplacement avec la ferme intention de revenir avec le trophée africain. A cette époque-là, rares étaient ceux qui ont pris ses propos au sérieux, mais à l’arrivée, les Verts étaient bel et bien sacrés champions d’Afrique. Deux ans et demi après, son ‘’élève’’, Madjid Bougherra, va lui emboîter le pas, en annonçant la couleur avant le départ de la sélection A’ vers Doha pour participer à la Coupe arabe Fifa 2021. Là aussi, certains se sont montrés sceptiques pour la simple raison que ‘’Magic’’ a décidé de ramener avec lui un groupe qu’il n’a pas dirigé tout au long des précédents stages et matchs amicaux qu’il a joués depuis juin dernier. Son principal souci était donc de travailler l’harmonie du groupe, une mission qui paraissait très compliquée, car le facteur temps ne jouait nullement à son profit. Cependant, le calendrier de la Coupe arabe lui a quelque peu souri en mettant sur son chemin, lors des deux premiers matchs, le Soudan et le Liban. Deux rencontres qui ont permis aux protégés de Bougherra de gagner en cohésion et de huiler la machine, et ce, avant de passer aux choses sérieuses. «Je pense qu’on a mérité pleinement notre trophée, surtout qu’on a eu affaire aux gros calibres du tournoi. Mais pour être meilleur, il fallait battre les meilleurs. Mon équipe est montée en puissance au fil des matchs, parvenant à aller au bout du rêve, malgré la grosse fatigue qui s’est emparée d’eux, car ce n’est pas simple de jouer un aussi grand nombre de matchs en l’espace de 17 jours», confiait Bougherra avec une pointe de fierté à l’issue de la finale. Si les Algériens ont réussi à relever un défi qui paraissait insurmontable, c’est surtout grâce à l’état d’esprit des joueurs et de leur jeune entraîneur. Ce dernier a même surpris plus d’un en dégageant une confiance sans pareille lors de son point de presse la veille de la finale. «Dans ma tête, je n’ai qu’un seul scénario : la victoire», a-t-il répondu à une question concernant les différents scénarios qu’il a prévus pour cette finale.
Les individualités, l’arme fatale de Bougherra
Malgré le fait que l’équipe nationale ait débuté en force la Coupe arabe, en battant le Soudan sur le score sans appel de 4 à 0, il n’en demeure pas moins qu’elle a laissé des signes d’inquiétude dès le premier match face à un adversaire qui n’avait pourtant rien d’un foudre de guerre. Mais au fil des rencontres, les Verts ont réussi à monter en puissance, comme l'a si bien résumé leur entraîneur, Madjid Bougherra, à l’issue de la finale. Selon les observateurs et analystes qui ont suivi de près le parcours des Verts dans ce ‘’Mondialito’’ arabe, les protégés de Bougherra ont fait preuve d’une discipline tactique incomparable. Il s’agissait là de leur principal atout au cours de ce tournoi qui a tenu tout le monde en haleine. Même s’il n’a pas une grande expérience sur le banc de touche, puisqu’il n’a connu que deux expériences dans ce registre, d’abord avec la réserve d’Al Duhail puis Al Fujairah aux Emirats arabes unis, ‘’Magic’’ a réussi à battre tous ses adversaires qui le devancent pourtant dans ce registre. Autre atout des Verts dans cette épreuve, les individualités que renferme l’effectif algérien et qui ont compensé, on ne peut mieux, le manque de cohésion au sein du groupe, vu qu’il n’a été monté que quelques jours avant le début du rendez-vous arabe. Ces individualités, à l’image de Belaïli, Bounedjah, Brahimi, ou encore Sayoud, surgissent toujours dans les moments difficiles pour hisser l’équipe vers le haut. On pense notamment aux moments faibles qu’a traversés l’équipe nationale, nés notamment de la fatigue qui s’emparait de ses joueurs. En effet, à chaque fois qu’on pensait que les Verts allaient abdiquer, eux qui étaient conviés à quatre ‘’finales’’ de suite, ils faisaient parler leur technique pour surprendre leur adversaire. Le dernier exemple dans ce sens est ce chef-d’œuvre de Sayoud qui fusille le gardien tunisien, chamboulant les plans des Aigles de Carthage qui comptaient profiter de la grosse débauche d’énergie des camarades de Belaïli tout au long du tournoi pour les piéger dans le temps additionnel.
Les balles arrêtées ont failli tout gâcher
Si l’équipe nationale a présenté une copie de premier ordre lors de la Coupe arabe Fifa 2021, c’est grâce au ‘’cœur’’, comme n’ont pas cessé de le rappeler les joueurs eux-mêmes. Mais cela ne peut nous faire oublier certaines lacunes constatées au cours des six matchs joués par les Verts sur le sol qatari. C’est logique, diront certains, puisque le groupe que Bougherra a choisi de ramener avec lui à Doha n’avait pas le temps nécessaire pour parfaire ses automatismes. Cela s’est notamment manifesté dans les balles arrêtées qui constituaient le principal souci de la défense algérienne. Cela a été pour beaucoup dans l’incapacité des Verts à conserver leur avance dans trois matchs de suite, à savoir contre l’Egypte, le Maroc et le Qatar. Mais les camarades de Bedrane ont bien retenu la leçon au bon moment, c’est-à-dire lors de la finale, et ce, en défendant bec et ongles leur maigre acquis jusqu’aux derniers instants de la partie qui ont vu Brahimi sceller le sort du match en faisant le break.
Ces joueurs qui ont mis Belmadi dans l’embarras
D’aucuns estiment que l’entraîneur de la sélection algérienne, Djamel Belmadi, se trouve aujourd’hui dans l’embarras après le brillant parcours des joueurs de la sélection A’ en Coupe arabe. Dans cette équipe qui a offert à l’Algérie son premier trophée arabe, il y avait quelques joueurs de la sélection A qui s’apprête à défendre son trophée africain au Cameroun, à l’image de M’Bolhi, Belaïli et Bounedjah. Bedrane et Benayada sont également convoqués, mais pas d’une manière régulière. Mais ce tournoi arabe a été l’occasion pour un grand nombre de la bande de Bougherra de s’illustrer, non sans envoyer à leur manière un message à Belmadi à l’approche de la CAN. On pense notamment aux latéraux Benayada et Chetti qui ont joué les six matchs, tout en faisant preuve d’une montée en puissance au fil des rencontres. Les copies rendues par les deux joueurs devraient soulager Belmadi qui était à la recherche de doublures valables pour Atal et Bensebaïni. La grande confiance engrangée par Benayada et Chetti au cours de ce tournoi leur permet de se rendre au Cameroun en conquérants. Ils n’attendent d’ailleurs qu’un signe de Belmadi pour préparer leurs valises. Pour sa part, Bedrane a confirmé tout le bien que pensait de lui Belmadi. Aujourd’hui, il peut aisément espérer succéder à l’un des deux défenseurs axiaux titulaires des Verts, en l’occurrence Benlamri et Mandi. Au milieu de terrain, Bendebka a notamment brillé de mille feux. Un véritable guerrier qui a eu à parcourir le plus grand nombre de kilomètres dans ce tournoi. L’ancien joueur du NAHD et du MCA a tout le droit aujourd’hui de rêver de participer pour la première fois à une CAN, lui qui compte dans son palmarès une participation aux Jeux olympiques de Rio, en 2016. Mais s’il y a un joueur qui est pratiquement assuré de retrouver les Verts, c’est bien Yacine Brahimi. Ce dernier a tout fait dans ce tournoi, avant qu’il ne soit récompensé en fin de l’épreuve par le trophée de meilleur joueur de cette Coupe arabe. Après une absence qui a duré plusieurs mois, Brahimi ne devrait pas manquer son retour chez les Verts, surtout que Bougherra a démenti pour l’occasion ceux qui disaient que Brahimi et Belaïli ne peuvent pas être alignés ensemble.
Les félicitations du président de la République
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a félicité l’équipe nationale des locaux, après sa victoire en finale de la Coupe arabe Fifa 2021, en écrivant sur son compte Twitter : «Félicitations aux champions de la Coupe arabe… Que Dieu vous comble de ses grâces pour tout ce que vous avez donné.»







