Lundi, 12 Octobre 2026 14:26
ESS
La malédiction de l’infirmerie
L’Entente de Sétif s’apprête à accueillir la JS Kabylie ce mercredi pour la 5e journée de Ligue 1, mais l’ambiance au cœur des vestiaires des Noir et Blanc est loin d’être sereine.
Si le précieux nul décroché au forceps à Oran face au MCO (0-0) laissait présager un retour au calme, la réalité interne a rapidement rattrapé le staff technique. L'entraîneur Sedki Hamada se retrouve aujourd'hui face à un authentique casse-tête chinois, devant composer avec un effectif totalement décimé, au point que certains parlent déjà d’une «malédiction de l’infirmerie». Entre blessures mystérieuses, suspensions évitables et murmures de couloirs, la réception des Canaris prend des allures de véritable test de survie pour l'équipe sétifienne.
C’est le sujet brûlant qui alimente toutes les discussions dans les cafés de Sétif : comment un club de cette envergure peut-il se retrouver avec plus d’une équipe-type sur le flanc ? Avant même le déplacement à Oran, la liste des indisponibles faisait déjà frémir les supporters : Bounagab, Hamidi, Boudechicha, Zerrouki, l’international jordanien Abu Jalbush, Saïdi et Messahel. Sept joueurs cadres, indisponibles d’un coup. En coulisses, les rumeurs vont bon train. Certains proches du club évoquent une préparation physique estivale ratée, tandis que d’autres pointent du doigt les méthodes de récupération.
Al Hourani sera sanctionné en interne
Pour ne rien arranger, la tension est montée d’un cran après le match d'Oran. L'expulsion stupide de Hadi Al Hourani en toute fin de rencontre a provoqué une colère noire du coach dans les vestiaires. Des témoins rapportent que les murs du stade Miloud-Hadefi ont tremblé. Al Hourani, censé être le patron de la défense, a abandonné ses coéquipiers pour un geste d'humeur que la direction compte sanctionner lourdement d’une amende financière. «C’est de l’inconscience», aurait glissé un dirigeant sous couvert d’anonymat.
Le mystère Benchaâ !
En attaque, c'est le flou le plus total autour de Zakaria Benchaâ. Sorti sur blessure face au MCO, le joueur insisterait pour jouer, quitte à infiltrer sa cheville, mais le staff médical refuse de prendre le moindre risque. Les mauvaises langues affirment cependant que la blessure de Benchaâ cacherait un malaise plus profond avec Sedki Hamada concernant son positionnement tactique sur le terrain. Cette incertitude ouvre grandement la porte à Riad Benayad. L'attaquant, qui ronge son frein sur le banc depuis le début de la saison, voit là une occasion en or de faire taire ses détracteurs. En ville, on murmure que l’agent de Benayad aurait mis la pression sur la direction pour qu’il soit titularisé, menaçant de demander un bon de sortie dès le mercato d'hiver si son statut n’évoluait pas. Face à cette tempête, le jeune prodige Imed Eddine Bouchagoura pousse lui aussi pour bousculer la hiérarchie. Sa courte mais percutante entrée en jeu à Oran a séduit les fans, qui réclament désormais sa titularisation sur les réseaux sociaux, créant un véritable fossé entre les partisans de l’expérience (Benayad) et ceux de la jeunesse insouciante (Bouchagoura).
La direction sous pression
Pendant que Sétif panse ses plaies, la JSK débarque avec un moral gonflé à bloc. Boostés par leur dernière victoire convaincante face à l’ASO, les Canaris savent pertinemment que l'ESS est affaiblie. Des émissaires kabyles auraient été aperçus à Oran pour espionner le système de Hamada, et le staff technique de la JSK aurait déjà préparé un plan anti-Sétif basé sur une pression haute dès les premières minutes pour faire craquer une défense sétifienne totalement remaniée. Dans les bureaux de l’Aigle Noir, la panique commence à s'installer. Les hauts dignitaires du club savent qu’un faux pas à domicile face au grand rival de la JSK pourrait sceller le sort de plusieurs personnes, y compris au sein de la cellule de recrutement, pointée du doigt pour avoir engagé des joueurs «fragiles».
Sedki Hamada serein
Face au volcan médiatique, Sedki Hamada tente de garder son flegme légendaire et de protéger son groupe. En conférence de presse, le technicien égyptien a adopté une posture de guerrier, refusant de s'apitoyer sur son sort : «Nous allons aborder ce match face à la JSK sans quelques joueurs. J’aurais aimé disposer de l’ensemble de mon effectif, compte tenu de l’importance des échéances à venir. Nous devons néanmoins composer avec les éléments disponibles. Le groupe est déterminé à faire le maximum pour engranger d’autres points et préserver cette bonne dynamique», a-t-il déclaré avec fermeté. Mais en privé, le discours est radicalement différent. Hamada sait qu'il joue gros sur ce match. Il a exigé de ses joueurs une discipline tactique d'acier et une mobilisation collective absolue. Pour compenser le manque de rythme et les automatismes absents de sa future équipe de départ, le coach mise tout sur le mental et l'amour du maillot. Reste à savoir si la ferveur du public sétifien suffira à transcender un onze de fortune face à des Canaris prêts à tout dévorer. Le rendez-vous de ce mercredi promet d'être électrique, tant sur la pelouse que dans les coulisses du stade.
W. D.







