Samedi, 11 Juin 2022 09:09
Jouer en Afrique n'a jamais été facile pour les équipes techniques
Quoi demander de plus à une sélection en pleine reconstruction ?
L'équipe nationale qui a réalisé une bonne affaire en s'adjugeant le fauteuil de leader de son groupe, abordera les prochaines sorties avec la pression du résultat en moins. Cela est très important dans le processus de mue et de rajeunissement qu'elle est en train de vivre en prévision des éliminatoires pour le Mondial 2026.
Retrouver la compétition après le coup de massue d'une élimination amère du prochain Mondial au Qatar, elle a su trouver les ressources nécessaires pour se remettre debout et repartir du bon pied. Il faut reconnaître que le staff technique et les joueurs étaient attendus au tournant, à la moindre petite anicroche. Certains continuent de leur nier le statut d'équipe en mesure de briller sur les plans continental et mondial, ce qui est un déni quand on sait que ces jeunes si pétris de qualités et quand on sait que le staff technique, malgré les critiques qu'on pourrait lui faire, réalisent du bon travail. Jouer en Afrique n'a jamais été facile pour les équipes techniques, notamment celles du nord du continent. Les conditions climatiques, l'état des terrains, la pression du public, l'arbitrage souvent à mille lieues de la correction sont autant de facteurs qui peuvent influer sur le comportement du joueur et sur le déroulement d'un match. De plus, ce qu'il faut retenir également c’est que Mandi et ses camarades viennent de terminer une saison sportive dans des championnats relevés, jouée à cent à l'heure. La courbe sportive est en phase descendante. Demander à un joueur de faire preuve de fraîcheur physique, d'être présent dans les duels, de faire des courses avec ballon, de réaliser des extensions sans ressentir les effets de la fatigue, c'est méconnaître le football ou pire encore, faire preuve de provocation gratuite tout juste pour nuire.
Une victoire qui vaut son pesant d'or
Face à la Tanzanie, les protégés de Belmadi ont réalisé un double exploit : se remettre en ordre de marche après l'élimination face au Cameroun, et réaliser un carton plein avec déjà six points dans la besace. Mieux encore, si on continue sur cette lancée, on pourrait citer également l'exploit de la victoire en déplacement et du premier succès face à la Tanzanie sur son terrain. Maintenant, il s'agira de rester sur cette lancée et de bâtir par petites touches le groupe qui aura la lourde tâche de défendre la qualification de l'Algérie au prochain Mondial. Plusieurs joueurs risquent de se voir débarqués car atteints par la limite, psychologique, de l'âge ou traversant une période creuse et d'autres peuvent venir renforcer les rangs des Verts. Le staff technique a suffisamment de temps pour revoir sa copie, corriger les imperfections et aborder, au mois de septembre prochain, la troisième journée de qualification pour la CAN 2023, autrement mieux armé.
Vivement le retour de Delort
Belmadi a laissé entendre qu'il prévoit dans ses plans le retour de Delort au mois de septembre prochain. Cela donnera une autre organisation tactique à l'équipe, notamment en situation offensive et cela lui offrira d'autres variantes de jeu. Et quand on sait qu'un véritable parcours du combattant attend l'équipe nationale en 2023, avec la phase finale de CAN et le début des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026, on se dit que le retour de cet attaquant racé pourrait apporter le plus attendu devant les buts adverses.
Face à l'Iran, une simple revue d'effectif
L'équipe nationale va jouer un match contre un mondialiste. La rencontre va opposer deux formations au profil différent. D'une part, des Verts qui sont en pleine reconstruction et d'une autre, une équipe iranienne en pleine phase de préparation de sa participation au Mondial du Qatar. Les staffs techniques des deux formations courent derrière des objectifs différents. Si pour le coach iranien ce sera la recherche de la cohésion tactique, pour Belmadi ce sera une simple revue d'effectif pour donner la chance aux nouveaux d'avoir du temps de jeu et les voir à l'œuvre. C'est ce qui explique l'exemption de trois joueurs, M’Bolhi, Mandi et Slimani du déplacement à Doha. Au-delà du résultat technique, l'équipe nationale a une occasion de gagner quelques renforts en prévision des prochaines échéances qui l'attendent. Le match intervient à la fin d'une saison sportive pleine pour beaucoup de joueurs, c'est pourquoi il ne faudrait pas s'attendre à des exploits car les organismes à cette période de l'année répondent difficilement.
F. S.
