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Il a pointé du doigt l’arbitrage africain

Belmadi : «Que ce soit avec moi ou un autre, la vie continue»

L’Algérie a été éliminée de la Coupe du monde 2022 d’une manière cruelle, suite à la défaite injuste concédée mardi soir contre le Cameroun pour le compte du match retour des barrages. Abattu, le sélectionneur national est revenu sur cette élimination cauchemardesque, en pointant du doigt l’arbitrage du Gambien Gassama Bakary.

Intervenant lors de la conférence de presse à l’issue du match qui a opposé l’Algérie au Cameroun, au stade Mustapha-Tchaker, le sélectionneur national n’a pas caché sa déception, regrettant le fait que l’équipe était à 10 secondes du Mondial. Belmadi a violemment fustigé l’arbitrage du match, affirmant que « l’équipe subit cet arbitrage depuis très longtemps». «Ça fait très longtemps qu’ils ne respectent pas, non pas notre fédération, moi je n’ai pas peur de le dire maintenant… qu’ils ne respectent pas notre pays», a souligné le coach national. A la fois déçu et en colère, Belmadi a estimé que l’arbitrage «a massacré l’équipe», soulignant le fait que malgré les bons résultats obtenus et tous les efforts fournis, l’arbitrage ne leur a jamais fait de cadeau. Il reste le point noir du football africain. Ces arbitres ne respectent pas notre pays. Ces deux dernières années, je n’ai jamais vu un seul arbitre qui ne soit pas agressif quand tu viens lui parler. Je ne cherche pas d’excuses, ce sont des faits. Ramy, dans une sommation, a eu un jaune. Leur gardien a pris du temps 50 fois et a eu un carton à la fin du match. C’est insupportable. Les arbitres le savent. Certains, présents ici ou sur les plateaux télé, aussi se réjouissent de ce qui s’est passé», a déclaré Djamel Belmadi.

A la fin du match, Belmadi s’est écroulé sur la pelouse du stade Mustapha-Tchaker de Blida, lui qui ne pensait pas vivre un tel scénario. «Nous avons tout fait pour rendre les Algériens heureux. Les joueurs ont travaillé dur, ils se sont sacrifiés mais au final, ils n’ont pas été récompensés. Que voulez-vous que je vous dise, c’est vraiment cruel. On est sous le choc. Battue par le Cameroun et l’arbitre gambien, la belle génération du football algérien ne participera pas à la Coupe du monde de 2022. Belmadi n’a pas manqué d’indiquer le fait que «la sélection nationale a subi le pire scénario d’élimination», ajoutant que «cette élimination engendrera de futures décisions». «Je ne suis pas là pour m’accrocher à mon poste, mais plutôt avec l’ambition de réaliser de belles choses avec la sélection nationale et servir mon pays. Quand je me vois incapable d’apporter à la sélection de mon pays, je pars. Que ce soit avec moi ou un autre, la vie continue», a-t-il encore déclaré en évoquant son éventuel départ.

Revenir aux fondamentaux

Cette élimination ne doit pas cacher la face de notre football qui vit une crise à tous les niveaux. La situation financière de la majorité des clubs de Ligue 1 est catastrophique. Depuis l’entame de la saison, les dirigeants se plaignent du manque d’argent et de l’absence d’aide de la part des pouvoirs publics. L’absence de sponsors a aggravé les choses et on se dirige tout droit vers une faillite collective. La formation dans nos clubs a été délaissée. Les résultats de la sélection cachent l’échec de la formation dans le développement du football à l’échelle locale. Quand le professionnalisme a été adopté en 2010, les clubs s’étaient engagés à créer des structures pour la formation, avec l’aide financière de l’Etat. Douze ans plus tard, il n’y a pas eu d’avancée. Les dirigeants actuels n’ont aucune vision. Ils privilégient les résultats immédiats plutôt que d’investir dans la formation, ils préfèrent dépenser de l’argent en achetant des joueurs à coups de milliards, à l’exception du Paradou AC qui continue de former de jeunes footballeurs. Par ailleurs, le bricolage continue au niveau de la FAF qui n’arrive pas à installer une vraie DTN capable de mettre en place un programme de formation sur le court, moyen et long terme. La mise en place d’une vraie direction technique nationale est la grande absente du paysage footballistique algérien depuis trop longtemps. Certains décideurs ont consciemment affaibli l’aspect technique pour pouvoir décider de tout. Il faudrait vite revenir aux fondamentaux et mettre en place une fédération de football forte, composée de personnes compétentes qui aiment le pays.

Belmadi  s’accroche avec Gassama à l’aéoroport

Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, s’est accroché hier à l’aéroport Houari-Boumedine avec l’arbitre gambien Bakary Gassama, lorsque les deux hommes s’apprêtaient à prendre le vol vers Istanbul. Le coach des Verts a fait des reproches au referee en lui faisant savoir qu’il a été malhonnête lors de la rencontre Algérie - Cameroun, jouée mardi soir au stade Mustapha-Tchaker. Certains passagers algériens s’en sont pris aussi à Gassama qui a été chambré et traité de corrompu. Le très contesté arbitre a vécu une sale matinée où il a failli même être agressé par des supporters algériens très en colère.

L’arbre qui cache la forêt

La sélection algérienne, sous la coupe de Djamel Belmadi, nous a procurés beaucoup de joie, notamment lors de la CAN 2019 en Egypte, en réussissant à décrocher le trophée africain haut la main. Les Verts ont pris une autre dimension dans le concert mondial, réussissant une série impressionnante de 35 matches sans défaite. Le sélectionneur national a su redonner une âme à la sélection algérienne qui était redoutée par tout le monde. L’échec de la CAN au Cameroun a été digéré puisque les coéquipiers de Belmadi ont montré un visage convaincant contre les Lions indomptables malgré leur élimination. Les Algériens ont été éliminés par un arbitre connu en Afrique pour être un referee  à scandales. La FAF, trop naïve, s’est faite piéger dans le match le plus important de cette génération de footballeurs de l’EN.

W. D.

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