Dimanche 19 Novembre 2017

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Omar Ghrib à Derby

«Je détiens tous les pouvoirs au Mouloudia»

Le coordinateur de section du MCA, Omar Ghrib, n'est pas près d'oublier cette année 2012 qui aura été très mouvementée. Face à une opposition en effervescence qui a tout mis en œuvre pour le pousser vers la porte de sortie, Ghrib a réussi, tant bien que mal, à se maintenir en poste. Devenu une affaire d'état, le dossier mouloudéen a fini par atterrir sur les bureaux de Sonatrach. Pouvant désormais jouir du soutien financier de la firme pétrolière nationale, le Mouloudia de Ghrib ambitionne de retrouver la Ligue des champions dès la saison prochaine. Dans cet entretien que l'homme fort du Mouloudia nous accordé, il revient sans langue de bois sur quelques épisodes qui ont secoué le club, les affaires Pellicano et Loungar, entre autres, sans oublier son conflit avec Brahmia qui réclame la légitimité de la présidence du CSA. Ghrib n'y va jamais avec le dos de la cuillère. Appréciez.

 

On arrive à mi-parcours de la saison, quel bilan faites-vous de cette première phase  du championnat ?
Je ne peux que me réjouir du parcours que nous avons réalisé. Nous avons terminé la phase aller à la 3e place au classement général aux côtés de l'USMA. Nous ne  sommes qu'à quatre points de l'Entente de Sétif, ce qui nous permet d'entrevoir l'avenir avec optimisme.

Ne pensez-vous pas que vous auriez pu faire mieux, n'était ce changement de domiciliation ?
Absolument. Nous avons perdu des points contre le MCEE et le CABBA à Bologhine qui nous auraient permis de monter carrément sur la plus haute marche du podium. Mais bon, on ne pourra pas faire machine arrière. Nous devons nous servir de nos erreurs du passé pour aller de l'avant.

Le titre est toujours votre objectif ?
Je le dis et je le redis, nous avons une équipe qui est capable de remporter le titre, surtout que nous bénéficions d'une deuxième partie de championnat assez favorable. Nous devons absolument décrocher une place qualificative pour la ligue des champions. Le mouloudia se doit de retrouver la compétition la plus prestigieuse du continent et je ferai tout pour qu'on y arrive.

Vous avez même promis aux Chnaoua de jouer la Coupe du monde des clubs, n'est-ce pas ?
Dans la vie, il faut être ambitieux. Le fait d'avoir un actionnaire majoritaire comme Sonatrach nous permet de nourrir de grosses ambitions. Ne dit-on pas que l'appétit vient en mangeant ? Il faut que le Mouloudia retrouve son lustre d'antan, et cela passe par des victoires au niveau continental. Mais pour y arriver, il faudrait déjà truster les titres au niveau national. Le Mouloudia, de par sa grandeur, se doit de jouer chaque année les premiers rôles.
Il est révolu ce temps où le Mouloudia scandalisait tout le monde par ses résultats et par ses combines qui écornaient l'image du club.

Avant de parler de l'opposition, restons dans le domaine technique avec le cas Hachoud qui n'est pas à son aise au Mouloudia…
Je ne partage pas votre avis. Au début, il fallait à Hachoud un moment d'adaptation. Mais depuis quelques semaines, il se sent beaucoup mieux. La preuve, il a joué tous les matches dans son registre de prédilection. Et croyez-moi, il sera encore plus performant lors de la phase retour.  

Mais Hachoud avait déclaré dernièrement vouloir attendre le match contre la JSK pour décider de son avenir…
L'avenir de Hachoud s'inscrit au Mouloudia et pas ailleurs. Il n'a nulle part où partir. Il a un contrat qui court jusqu'en juin 2014. Et puis, Hachoud ne m'a jamais sollicité pour me faire part de son envie de partir. Tout ce qui se dit n'est que pure spéculation.  

Ce n'est pas ce que dit son frère, qui est aussi son manager, qui a déclaré haut et fort que Hachoud était bel et bien sur le départ…
Tout ce que le frère de Abderrahmane a déclaré n'engage que lui, un point c'est tout.  

Chaouchi aussi était sur le point de lâcher prise après le match perdu contre l'Entente de Sétif, non ?
Je considère Chaouchi comme le meilleur gardien du championnat. Il a été décisif contre le CAB, l'USC et l'USMH. Et sincèrement, j'étais outré lorsqu'une frange de supporters manipulés par l'opposition s'est attaqué à Chaouchi à l'issue du match contre le CABBA. On a tout fait pour semer la zizanie dans le vestiaire. Mais les amoureux du club, les véritables supporters, se sont rendus à l'entraînement avec des fleurs et des gâteaux pour encourager les joueurs. Une marque de soutien qui s'est répercutée positivement sur le rendement de l'équipe qui a, depuis, réussi à enchaîner trois victoires de rang dont une face à l'USMH, solide leader du championnat.

Il y a eu aussi cette altercation entre Chaouchi et Menad qui avait failli faire exploser le vestiaire et déstabiliser le groupe…
C'est complètement absurde. Chaouchi n'oserait jamais manquer de respect à Menad. Tout ce qui a été dit ce soir-là n'était que pure fabulation afin de porter préjudice à Menad et Chaouchi.

On voit que vous prenez la défense de votre gardien, c'est normal puisque vous êtes même allés jusqu'à égratigner le sélectionneur national qui n'a pas voulu donner une chance à Chaouchi…
J'ai tout simplement dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. C'est illogique de faire appel à un gardien comme M'bolhi qui est sans club alors que Chaouchi enchaîne les bonnes performances. Il a été régulier depuis le début de la saison. La preuve, il a disputé toutes les rencontres officielles sans exception depuis le mois de juin alors que la saison dernière il en avait manqué la moitié. C'est dire qu'il a retenu les leçons de ses erreurs. Ce gardien, qui a été le héros d'Omdurman et qui a fait sortir 40 millions d'Algériens dans la rue, se trouve tout d'un coup banni de l'Equipe nationale. Ce n'est pas normal.

Des cas d'indiscipline ont été signalés çà et là, comme les cas de Mbele, Meklouche et Ouali qui, selon certains, nuisent à la stabilité de l'équipe. Est-ce vrai ?
Pas du tout. Je ne laisserai personne nuire à la stabilité du groupe. Jusqu'à preuve du contraire, Mbele, Meklouche et Ouali sont au Mouloudia et se comportent le plus normalement du monde.

Au début de la saison, vous avez été sévèrement critiqué pour avoir limogé deux entraîneurs, à savoir Liewig et Rabier, avant même la troisième journée du championnat. Ne pensez-vous pas que vos décisions ont porté atteinte à la stabilité du groupe?
Je ne regrette pas mes décisions. Par contre je regrette d'avoir fait de mauvais choix. Je n'aurai jamais dû faire appel à Patrick Liewig et par la suite à Jean-Paul Rabier. Je reproche au premier son manque de communication alors qu'avec le second, on jouait très mal, avec un football médiocre. Je suis convaincuque si Menad était avec nous dès le départ, on serait aujourd'hui largement devant.

Pourtant, même Menad a failli être limogé puisqu'il était sur la sellette après le match nul concédé face au CABBA à Bologhine…
Il n'a jamais été question de le limoger, Menad a toujours eu ma confiance. Je sais qu'on a joué de malchance. Le fait de changer de domiciliation avec l'obligation de jouer à Bologhine nous a été préjudiciable. Et puis, avec Menad, l'équipe pratique un beau football. Nous l'avons prouvé face à l'USMH qui est l'une des formations les plus coriaces du championnat. Je peux vous assurer que Menad restera avec nous jusqu'à la fin de la saison et peut-être même plus. On doit mettre en place, à moyen terme, un projet de jeu qui pourrait nous emmener en haut de la pyramide.     

Vous concernant, la question que se pose tous les Chnaoua, c'est de savoir si vous aller siéger dans le nouveau conseil d'administration du club aux côtés des représentants deSonatrach. Une réponse ?
Je ne vous cache pas que je veux poursuivre ma mission aux côtés de la Sonatrach. Je veux mettre mon expérience au service du club. Mais pour le moment, rien n'a encore été décidé. Tout se fera normalement dans les jours qui viennent.

A ce sujet, qu'en est-il de Amar Brahmia qui réclame sa légitimé de président du CSA ?
Brahmia ne connaît rien au football. Il est entouré de personnes qui ont porté préjudice au club. Ses collaborateurs ont mené le Mouloudia vers sa perte. A leur époque, le Mouloudia perdait les matches par 8 à 1, 6 à 1 et 5 à 0. Sous leur règne, l'équipe avait perdu en coupe face à El Ouenza. On oublie aussi qu'à leur époque, le MCA avait rétrogradé en D2. Les gens sont peut-être amnésiques, mais pas moi. Je ne peux pas oublier qu'à cette période, les combines et les coups bas étaient légion au Mouloudia. Tout le monde cherchait à servir son intérêt au détriment du club. Avec moi, tout cela est révolu, et c'est pour cela qu'on a voulu me déboulonner. Je suis quelqu'un de direct qui affronte de face les problèmes lorsqu'ils interviennent. Jadis, au MCA, certains dirigeants se cachaient dans les placards de la villa de Chéraga pour éviter les joueurs qui venaient réclamer leur dû. Personnellement, je n'oserai jamais faire cela à mes joueurs. Ils savent que je suis un homme de parole et c'est pour cela qu'ils me font confiance. Jamais au Mouloudia les joueurs n'oseraient faire grève comme cela était le cas il n'y a pas longtemps.

Malgré cela, il y a eu une grande compagne pour vous destituer, et n'importe quel autre dirigeant serait tombé. Vous, on ne sait trop comment, vous avez résisté. Comment avez-vous fait ?
J'ai tenu par amour pour ce club et aussi par haine envers ces personnes qui veulent revenir par la grande porte après avoir mené le Mouloudia tout droit vers sa perte. Mon palmarès avec l'équipe depuis que je suis à la tête du club plaide en ma faveur. J'ai remporté le titre en 2010 alors que personne ne croyait en nous. Nous avons atteint la phase des poules de la Ligue des champions dans un groupe très relevé. Nous avons également joué la finale de la Coupe de l'UNAF. Ces gens qui prétendent aimer le club, qu'est-ce qu'ils ont fait lorsqu'ils avaient le pouvoir de décision ? Rien du tout. Ils disposaient d'un gros budget pour ne faire que de la simple figuration. Et aujourd'hui, ils veulent me juger.

Pour vous descendre en flammes, on n'a pas hésité à déballer votre passé sur la place publique. Comment avez-vous fait face à ces attaques ?
J'interprète cela comme un aveu d'impuissance. N'ayant rien trouvé pour critiquer mon travail et tout ce que j'ai fait pour le Mouloudia, ils sont allés fouiner dans ma vie privée et dans mon passé. Ils ont essayé de me dénigrer en public en révélant que j'ai fait de la prison. Je l'assume et je leur dis que Nelson Mandela a fait  également de la prison durant vingt-sept ans et cela ne l'a pas empêché d'être à la tête de toute une nation. Ce sont de faux prétextes pour justifier leur manœuvre déstabilisatrice. En tout cas, moi, j'ai été radical avec eux. J'ai leur ai fermé la porte au nez. Ce sont des profiteurs qui se sont sucrés des années durant sur le dos du club.

Cette année 2012 aura été marquée aussi par d'autres affaires, notamment celles de Pellicano et Loungar qui voulaient prendre les rênes du club. Avec du recul,  que pouvez-vous nous dire là-dessus ?
(Rire). C'était plutôt une mascarade orchestrée par certains membres de l'opposition qui se croyaient malins. Ils ont miroité au peuple du Mouloudia des investisseurs qui sont plutôt des arnaqueurs pour reprendre la direction du club. D'ailleurs, comment expliquer le fait que certains membres ne veulent toujours pas vendre leurs parts alors que c'est Sonatrach qui est l'actionnaire majoritaire ? Cela démontre parfaitement la nature de ces personnes qui cherchent à servir leurs intérêts.     

Pourtant,Loungar avait joui du soutien indéfectible de Abdelkader Drif qui avait défendu mordicus le projet du Franco-Algérien..
Je ne tiens par rigueur à Drif qui a été induit en erreur. D'ailleurs, lors de la ratification du protocole d'accord avec Sonatrach, j'avais invité Drif car il reste un personnage charismatique qui a marqué l'histoire du club. Il a toujours eu mon respect. Avec du recul, je sais que Drif a agi de bonne foi, par amour au club. J'ai en ma possession une facture de 14 millions de centimes laissée par ce Loungar qui prétend être riche et capable de racheter le club. Il aurait dû commencer par payer son hébergement et ses consommations à l’hôtel. Une note salée qui a été mise sur le compte du Mouloudia. Ce Loungar est  venu en Algérie pour se faire de la publicité gratuite. C'est aussi simple que cela. Ali Haddad, lorsqu'il avait voulu racheter l'USMA, il l'a fait en l'espace de quelques jours.  

Et que dire de Pellicano qui avait eu le soutien du peuple mouloudéen et de Zenir ?
L'affaire Pellicano était une arnaque à l'italienne. Dieu merci, j'ai réussi à démasquer toute cette mascarade en mettant au grand jour le plan démoniaque de cette compagnie qui agissait sur l'ordre de certains membres de l'opposition qui sont machiavéliques.

Après avoir eu raison de l'opposition, il faudra faire face au cas Brahmia qui revendique son droit de siéger dans le nouveau conseil d'administration. Où en sont les choses ?
Il y a une justice qui tranchera. Il faut savoir que nous sommes toujours en conflit qui doit être réglé devant les tribunaux, car Brahmiaa agit dans l'illégalité la plus totale. D'ailleurs, lorsque Sonatrach a signé le protocole, c'était avec nous et pas avec Brahmia. Cela prouve, si besoin est, notre légitimité. Lorsque le club était dans la crise, c'est moi qui me suis démené comme un diable pour sortir l'équipe du marasme. Où était Brahmia à cette époque ? Pourquoi n'est-il pas intervenu pour venir en aide au club qui était en déperdition ? Comme par hasard, Brahmia et ses acolytes ont surgi de nulle part avec l'avènement de Sonatrach. Ils ne vont pas me la faire celle-ci, et tant que je serai au Mouloudia, je ne les laisserai pas s'approcher du club.

Lors de la conférence de presse animée dernièrement par Brahmia, celui-ci avait attaqué ouvertement Marif en l'accusant d'avoir été derrière la crise qui a secoué le club ces derniers mois. Qu'en dites-vous ?
Je précise que j'étais le premier à avoir critiqué Marif, à juste titre. Mais depuis, il ne s'est plus immiscé dans les affaires du club. Au Mouloudia, c'est Omar Ghrib qui a le pouvoir de décision et personne d'autre. Brahmia et ses acolytes oublient qu'il fut un temps où ils faisaient tout pour plaire à Marif. Et maintenant, ils osent s'attaquer à lui injustement. C'est complètement aberrant. Que ces personnes le veuillent ou pas, Marif restera le président d'honneur du club.

Quelles sont vos résolutions pour la nouvelle année ?
Remporter le titre de champion, ou, au moins, se qualifier pour la Ligue des champions africaine et la Coupe arabe. J'espère que l'année 2013 sera prolifique et riche en émotions pour nos supporters. Personnellement, je m'engage à tout faire pour qu'on remporte au moins un titre. Je voudrai aussi qu'on nous laisse travailler dans la tranquillité loin de toute cette agitation qui apour but de nuire et porter préjudice à la sérénité de l'équipe.

R. L.

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